La coiffe bigoudène est l'un des symboles les plus reconnaissables de la Bretagne. Mais derrière le folklore et les cartes postales, qui étaient vraiment les femmes du Pays Bigouden ? Josiane Stervinou, ethnologue, déconstruit les clichés pour révéler des femmes libres et déterminées.
Josiane Stervinou a passé vingt ans à recueillir les témoignages des dernières femmes qui ont porté la coiffe bigoudène au quotidien. Elle raconte que cette coiffe, loin d'être un simple ornement, était un marqueur social complexe. Sa hauteur, sa forme, ses dentelles variaient selon l'âge, le statut marital et la commune d'origine de celle qui la portait. Mais surtout, elle accompagnait des femmes qui tenaient les marchés, négociaient les prix du poisson, géraient les exploitations agricoles en l'absence des hommes. Des femmes d'affaires avant l'heure, que le regard folklorisant a trop longtemps réduites à leur coiffe.
L'épisode déconstruit aussi le mythe de la Bretonne soumise. Dans le Pays Bigouden, les femmes avaient un pouvoir économique réel. Elles étaient les premières levées, les dernières couchées, et c'est elles qui décidaient de l'allocation des ressources du ménage. Josiane Stervinou montre que la disparition de la coiffe dans les années 1960 coïncide paradoxalement avec une perte de ce pouvoir féminin traditionnel, remplacé par un modèle familial plus patriarcal importé de la ville. Un renversement de perspective qui invite à repenser l'histoire des femmes bretonnes.
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