En 1924, les Penn Sardin de Douarnenez — ces ouvrières des conserveries de sardines — ont mené une grève historique qui a marqué l'histoire du mouvement ouvrier en France. Récit d'une lutte portée par des femmes courageuses, dans une ville qui n'a rien oublié.
Au début du XXe siècle, Douarnenez est la capitale de la sardine. Des dizaines de conserveries emploient des centaines de femmes qui travaillent dans des conditions épouvantables : journées de quatorze heures, salaires misérables, aucune protection sociale. Anne-Dénès Martin, historienne spécialiste du mouvement ouvrier breton, raconte comment ces femmes, souvent illettrées et méprisées, ont trouvé la force de se révolter. La grève de 1924, qui a duré plusieurs semaines, a été l'une des premières grandes victoires du syndicalisme féminin en France.
Nicole Le Garrec, cinéaste et mémoire vivante de Douarnenez, apporte son témoignage personnel. Fille et petite-fille de Penn Sardin, elle a grandi avec les récits de la grève transmis de mère en fille. Elle raconte les chants de lutte entonnés sur les quais, la solidarité entre ouvrières, les intimidations patronales. Son film documentaire sur le sujet, tourné dans les années 1970, a contribué à inscrire cette histoire dans la mémoire collective bretonne.
Ma grand-mère disait toujours : on avait les mains dans la sardine et la tête dans les étoiles. Ces femmes ne se battaient pas seulement pour un salaire. Elles se battaient pour leur dignité.
Aujourd'hui, les Penn Sardin sont devenues un symbole. À Douarnenez, une statue leur rend hommage sur le port, un musée retrace leur histoire, et chaque année, un festival célèbre leur mémoire. L'épisode montre comment cette lutte ouvrière du passé continue d'inspirer les combats féministes contemporains. De jeunes Douarnenistes s'approprient cet héritage et le réinventent à travers l'art, le théâtre et la chanson.
Maïwenn Le Roux a construit cet épisode comme un récit polyphonique, mêlant les voix de l'historienne, de la cinéaste et des jeunes héritières de cette mémoire. Les chants traditionnels bretons qui ponctuent le documentaire — interprétés par une chorale de Douarnenez — ajoutent une dimension émotionnelle puissante. Un épisode qui rappelle que les grandes avancées sociales naissent souvent de la révolte de ceux que l'on croyait résignés.
3 radios associatives bretonnes participent à ce projet
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