Le mouvement low-tech — faire plus avec moins, plus simple, plus durable — trouve en Bretagne un terreau particulièrement fertile. De Concarneau à Guingamp, des ingénieurs, des artisans et des citoyens inventent des solutions techniques sobres et accessibles à tous.
Corentin de Chatelperron, ingénieur et fondateur du Low-tech Lab à Concarneau, est devenu l'une des figures de proue du mouvement en France. Après un tour du monde en catamaran pour recenser les innovations low-tech, il a installé son laboratoire en Bretagne. Il nous fait visiter les ateliers où sont conçus et testés des prototypes : four solaire, dessalinisateur à énergie passive, biodigesteur domestique, filtre à eau en céramique. Chaque objet est conçu pour être simple à fabriquer, peu coûteux et réparable. Une philosophie à rebours de l'obsolescence programmée.
Clémence Laventure, architecte à Guingamp, applique les principes low-tech à la rénovation de bâtiments. Isolation en paille, enduits en terre, récupération des eaux de pluie : ses chantiers montrent qu'on peut habiter confortablement sans recourir à des technologies complexes et énergivores. Elle forme aussi des artisans locaux à ces techniques, créant une filière d'emplois non délocalisables. L'épisode suit l'un de ces chantiers participatifs où des bénévoles apprennent à enduire un mur en terre crue.
La low-tech, ce n'est pas revenir à la bougie. C'est se demander, pour chaque besoin, quelle est la solution la plus simple, la plus durable et la plus accessible. Souvent, la réponse existe depuis des siècles. Il suffit de la redécouvrir et de l'adapter.
Au-delà des figures médiatiques, le mouvement low-tech irrigue tout le territoire breton. Des repair cafés aux ateliers de fabrication de produits ménagers, des potagers en permaculture aux micro-brasseries artisanales, la sobriété technologique se décline dans tous les domaines du quotidien. Le reportage montre que la Bretagne, avec sa tradition de débrouillardise rurale et son tissu associatif dense, est un terreau idéal pour ce mouvement qui réconcilie innovation et bon sens paysan.
Enora Masson et Ronan Le Goff ont réalisé ce reportage en immersion pendant plusieurs semaines, passant d'un atelier à l'autre, d'un chantier à une formation. La bande sonore, composée d'instruments fabriqués à partir de matériaux recyclés, incarne l'esprit du sujet jusque dans sa forme. Un épisode dense et inspirant, qui montre que la transition écologique passe aussi par un changement de regard sur la technologie.
6 radios associatives bretonnes participent à ce projet
Les tiers-lieux bretons se multiplient et deviennent des laboratoires de la transition écologique. Visite de trois espaces pionniers.
Le Buzuk à Morlaix, le Galais à Redon : les monnaies locales bretonnes tentent de relocaliser les échanges économiques.