Rochefort-en-Terre, élu « village préféré des Français » en 2016, attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs. Mais derrière les façades fleuries et les boutiques d'artisanat, les habitants vivent une réalité plus nuancée. Ils nous ouvrent leurs portes.
Sylvie Poilane tient une crêperie dans la rue principale depuis quinze ans. Elle raconte la transformation du village après l'émission de France 2 : l'afflux de touristes, la hausse des prix de l'immobilier, la difficulté à maintenir une vie locale authentique quand les commerces de proximité cèdent la place aux boutiques de souvenirs. Le succès médiatique a été une bénédiction économique mais aussi une source de tensions. Les anciens regrettent la tranquillité d'antan, les nouveaux arrivants cherchent un cadre de vie idéalisé qu'ils contribuent parfois à transformer.
Michel Gicquel, ancien maire, défend un autre regard. Il rappelle que Rochefort-en-Terre était un village en déclin dans les années 1990, avec des maisons en ruine et des commerces fermés. Le classement comme « village préféré » a permis de sauver le patrimoine et de créer des emplois. L'enjeu aujourd'hui est de trouver l'équilibre entre attractivité touristique et qualité de vie pour les huit cents habitants permanents.
On ne peut pas vivre que de tourisme. Il faut que Rochefort reste un village vivant, avec son école, son boulanger, son médecin. Les fleurs et les vieilles pierres, c'est beau, mais c'est les gens qui font un village.
Les participants de l'atelier radio ont sillonné les ruelles avec leurs micros, recueillant les anecdotes des commerçants, les souvenirs des anciens, les impressions des visiteurs. Le résultat est un portrait sonore vivant et contrasté, loin des clichés touristiques. On entend le marteau du ferronnier d'art, les rires des enfants dans la cour de l'école, le carillon de l'église et les commentaires des touristes devant les façades à colombages.
Cet épisode de Mémoires de villes montre qu'un village classé n'est pas un musée à ciel ouvert mais un lieu de vie avec ses contradictions et ses dynamiques. L'atelier radio a permis aux habitants de reprendre la parole sur leur propre village, au-delà des récits médiatiques. Un exercice démocratique autant qu'artistique, accompagné par les notes délicates d'une harpe celtique qui rythment les transitions.
Balade sonore dans les ruelles de Josselin, petite cité de caractère du Morbihan. Les habitants racontent l'histoire de leurs murs.
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